Retour sur le DESIGNER CLUB #2

Quels outils et méthodologies pour développer un produit durable ? La dernière session du DESIGNER CLUB, organisée le 6 juillet 2017 dernier à Howest, Industrial Designer Center à Courtrai (Belgique), était consacrée à l’éco-design. Le DESIGNER CLUB, qui réunit lors de workshops et de sessions de brainstorming des designers et entreprises, est une action de TRIPOD-II, projet de coopération transfrontalière entre les Hauts-de-France, la Wallonie et la Flandre.

En ce début du mois de juillet, plus de 30 designers étaient réunis à Courtrai pour suivre l’atelier consacré à l’éco-design. Une fois chacun installé sur un sofa gonflable coloré (ressemblant à un canoë sur la terre ferme), le ton a directement été donné. Wouter et Liesbet de l’OVAM (Openbare Vlaamse Afvalstoffenmaatschappij ou Société Publique des Déchets de la Région flamande) ont présenté deux outils d’éco-conception : Ecolizer et SIS Toolkit.

L’Ecolizer permet de calculer l’impact environnemental d’un produit. Après un simple enregistrement sur le site web www.ecolizer.be, vous pouvez gratuitement utiliser cet outil en ligne (disponible en français, néerlandais et anglais). L’Ecolizer repose sur une base de données de différents matériaux comportant des informations concernant l’emballage, le transport, l’usage, la durée de vie et un calculateur. Plus le score obtenu est élevé, plus l’impact environnemental du produit sera important.

Le SIS Toolkit (Sustainable Innovation System) est un outil qui met en communication entreprises, clients et concepteurs. L’outil est organisé en cinq chapitres : 1.Capital Humain, 2. Capital Intellectuel, 3. Capital Financier, 4. Capital Social, 5. Capital Environnemental.

Ces cinq chapitres sont rassemblés dans une matrice, combinée aux éléments suivants : Ambition / Besoins / Conception / Production / Distribution et Utilisation / Fin de vie. Le croisement de deux éléments est une source d’informations intéressante puisqu’il permet de faire émerger de nouvelles possibilités pour les produits. « Je suis un designer et donne des cours en éco-conception, notamment à des entreprises. Elle constitue leur priorité, et les stratégies possibles sont légion. Je ne connaissais pas l’outil SIS. L’OVAM est une organisation unique, et cet événement lui permet d’atteindre un grand groupe cible. Nous sommes ici au cœur de l’étape de conception », explique Mathieu Acquart, un participant français.

Après la présentation des outils, le workshop a pu démarrer. Les participants, répartis en plusieurs groupes, se sont interrogés sur la façon dont, à partir des outils présentés, un produit aurait pu être plus durable si l’éco-conception avait été intégrée en amont du projet. Après une session de brainstorming et d’idéation, les principales solutions et conclusions de chaque groupe ont été partagées avec l’ensemble des participants. Les réponses aux différentes questions ont été complétées dans une matrice. Le but de cet exercice est d’offrir aux entreprises un regard neuf sur la durabilité et de permettre aux designers d’avoir des éléments et arguments supplémentaries pour parler d’éco-conception à leurs clients. L’éco-conception n’est pas uniquement l’apanage des designers et des écologistes, l’ensemble de l’entreprise doit également s’y intéresser. « En marge d’une formation classique d’ingénieur, j’ai suivi une année de développement de produit intégral. Pour ce deuxième DESIGNER CLUB j’ai beaucoup apprécié la session de brainstorming. J’ai pu créer des liens inattendus en construisant des idées à partir de celles d’autres. L’outil est intéressant à des fins d’évaluation. Je pense qu’OVAM devrait davantage viser les entreprises avec cet outil. Cette approche devrait porter ses fruits. Est-ce en ligne avec la vision de l’entreprise ? Quels points d’intersection sont importants ? Le feed-back des clients est intéressant pour une entreprise », explique Bart.

Kathelijne renchérit. « Je participe au projet Interreg ‘Codesign Aliment qui a pour objectif de stimuler la co-conception et la cocréation dans l’industrie alimentaire. Le brainstorming SIS a été inspirant pour moi, et j’ai pu nouer quelques contacts. » Tiphaine Dejonge, designer de service et fondatrice de Maalai Design, déclare également en avoir appris beaucoup. « L’atelier m’a permis de remettre davantage de choses en question. Quelles nouvelles solutions, nouvelles ouvertures et possibilités pouvons-nous imaginer ? Une entreprise de services, comme MAALAI Design, peut également se poser les mêmes questions. Cette approche ouvre de nouveaux horizons. »

Pour en apprendre encore davantage à propos de l’atelier, j’ai rencontré Sofie et Jozefien. « J’ai étudié la criminologie. J’ai ensuite suivi une formation en création de chaussures. Ce que nous voulons précisément (il s’agit en fait de plusieurs choses), n’est pas clair. Nous sommes venues ici à la recherche d’inspiration. Nous voulons démarrer ensemble quelque chose dans le domaine de l’intérieur et des accessoires de façon écologique. L’Ecolizer est selon nous un outil intéressant pour peaufiner une idée. La session de brainstorming de ce DESIGNER CLUB a été très enrichissante pour notre future activité.»

Article rédigé par Ingrid Allaerts pour TRIPOD II le 20/07/17